Sa présence parmi les « combattants de l'ombre » fut volontairement celée, car il était impératif d'en conserver l'anonymat afin de préserver l'exercice de sa mission première, toutefois sa bivalence de « soldat du feu » et de « combattant » le conduisit à pratiquer :
- En premier lieu la « RESISTANCE PASSIVE » de multiples manières :
- En privilégiant le sauvetage des victimes civiles et l'extinction des incendies avant de secourir l'occupant. - En retardant l'acheminement des secours destinés à ce dernier et en ne manifestant aucun zèle particulier au cours de l'intervention, voire chaque fois que ce fut possible, la réalisation d'actes de sabotage, ce qui ne fut pas sans danger.
- La « RESISTANCE ACTIVE » : de façon plus concrète en « ORGANISANT » et en « PARTICIPANT » à des actions de destruction du potentiel militaire ennemi, citant ci-après les plus extraordinaires à notre connaissance :
- C'est dans le premier cas l'anéantissement du dépôt de munitions de LANGRES (Haute Marne) qui sauta dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943, réalisé par ceux-là mêmes que l'occupant avait forcé à effectuer une manoeuvre de prévention le 14 juillet précédent, jour de fête nationale dont la célébration était interdite. - Et dans le deuxième celui de la Kriegsmarine situé dans les carrières d'HEURTEBISE (Charente-Maritime) le 30 juin 1944, l'un des plus importants de France, qui fit dire à un responsable de la Wehrmacht « que cela équivalait à la perte d'une bataille ».
- Soulignant aussi, parmi d'autres, la liste n'étant pas exhaustive, les actions des membres des corps des Sapeurs-Pompiers :
- De BORDEAUX, qui sauvèrent de la destruction le port de leur ville - De ROMANS, résistants très actifs, « dont 30 hommes sur 42 montèrent sur le VERCORS, abandonnant biens et intérêts, il y ont combattu de façon admirable, 7 d'entre eux y ont trouvé la mort des braves ». - Et ceux de ROCHEFORT SUR MER, qui contribuèrent à la réduction des poches de LA ROCHELLE et de ROYAN, ainsi qu'à la Libération de l’ÎLE D'OLERON, qui par leur courage se sont vu proposer à titre individuel l'attribution d'une décoration, l'ont refusée estimant qu'ils avaient agi par patriotisme, en bon français, dans une action commune, préférant qu'une récompense collective soit attribuée à leur Unité.
Elle ne leur fut pas décernée ...
En cela, l’histoire ne se répète-t-elle pas, puisque la qualification « d’Unité Combattante » fut aussi refusée au corps des Sapeurs-pompiers de DUNKERQUE (59), en dépit de leur brillante conduite au cours des évènements de juin 1940 ? Ceci alors que cette formation était sous les ordres de l’autorité militaire ; situation à laquelle succéda celle des épreuves subies pendant le siège de leur ville par les Alliés, et qui dura jusqu’au 8 mai 1945.
A l'image de la relation de ces remarquables actions, la discrétion, qui est une vertu chez les Sapeurs-pompiers, ne nous a pas permis de connaître toutes celles qui auraient réellement eut lieu, d'autant plus qu'il n'existe que fort peu d'archives, en raison de l'impérative obligation en vigueur à l'époque de ne pas en posséder, par mesure de sécurité facilement compréhensible, mais aussi du fait de l'inéluctable disparition des acteurs. Cependant, avec les éléments que nous possédons, tout nous porte à croire que ces actions ont été nombreuses et importantes.
Sapeurs-pompiers d'Alsace
Il nous apparaît toutefois qu'une mention spéciale se doit d'être décernée aux Sapeurs-pompiers d’ALSACE et de MOSELLE dont le patriotisme fut exemplaire au cours de cette dramatique période du conflit 1939/1945. En effet, si les missions remplies par eux ont été identiques à celles de leurs collègues du territoire national (qui était occupé, mais pas annexé comme ce fut leur cas), ils étaient de plus exposés à subir les rigueurs des mêmes lois qui régissaient l'envahisseur, rigueur que ce dernier appliqua avec une particulière sévérité.
A défaut de citer nombre d'actions auxquelles ils participèrent, il nous suffira, pour attester de leur valeur de mentionner seulement que sur 276 médailles attribuées après la Libération pour ACTES DE COURAGE et de DEVOUEMENT aux Corps de Sapeurs-pompiers de L’Hexagone, 46 de celles-ci furent décernées à ceux des trois départements qui avaient été annexés :
- Le BAS-RHIN
- Le HAUT-RHIN
- La MOSELLE.
 Le drapeau du corps de MULHOUSE se verra, lui, honoré des insignes de la Légion d'Honneur avec la citation suivante :
« Officiers et Sapeurs d'élite, qui en toutes occasions, ont montré un remarquable esprit de discipline, de dévouement et d'abnégation. S'étant trouvés, dès les premiers jours de la guerre au front du Rhin, ont prêté à maintes reprises leurs concours aux troupes occupant la ligne Maginot. Ont fait preuve de courage et sang froid, non seulement à l'occasion de nombreux bombardements dont la ville a été victime, mais en accomplissant les missions périlleuses au profit du commandement français. »
Ailleurs en france
Par leurs actions courageuses, au cours de cette même période, les corps de Sapeurs-Pompiers du HAVRE et de ROUEN se virent aussi décerner LA CROIX DE LA LEGION D’HONNEUR, celui de BELFORT, LA MEDAILLE DE LA RESISTANCE, ainsi qu’une LETTRE DE FELICITATION DU MINISTRE DE LA DEFENSE et le privilège pour les membres présents au corps du 20 août au 20 novembre 1944 de porter l’insigne RHIN et DANUBE. Ceux d’AMIENS, BORDEAUX, CHARTRES et ROMANS, la CROIX DE GUERRE 1939-1945. En outre, 276 corps de Sapeurs-Pompiers seront décorés de la MEDAILLE DU COURAGE ET DU DEVOUEMENT, avec autorisation pour ses membres de porter la FOURAGERE TRICOLORE.
Leur FEDERATION NATIONALE DES SAPEURS-POMPIERS FRANCAIS sera CITEE à L’ORDRE DE LA NATION le 30 août 1947.
Le corps des SAPEURS-POMPIERS DE PARIS est titulaire de la CROIX DE LA LEGION D’HONNEUR depuis le 14 juillet 1902, hormis cette dernière aucune décoration à titre militaire ne lui a été attribuée pour sa conduite au cours des conflits 1914/1918 et 1939/1945.
Il faut aussi signaler la présence de nombreux Sapeurs-pompiers, tant civils que militaires, dans les maquis du VERCORS, du MONT-MOUCHET, de MAYENNE, de la NIEVRE et d'autres où ils apportèrent leur expérience, certains exerçant des commandements, sans omettre de citer ceux qui combattirent dans les rangs de la 2ème Division Blindée, de la 1ère Armée Française et sur le front de l'Atlantique :
Parmi les corps des Sapeurs-pompiers militaires : le régiment de Sapeurs-pompiers de Paris et les Marins Pompiers de Marseille ; il existait au sein du premier nommé, un GROUPEMENT de RESISTANCE STRUCTURE et AUTONOME qui était celui de « SECURITE PARISIENNE-FORCE-GOUVERNEMENTALE dont nous allons dans ce qui suit relater l'histoire et les actions de 1942 à 1944. CEPENDANT, IL EST NECESSAIRE AVANT TOUT DE RAPPELER QUE C’EST AUX CHEFS DE CE GROUPEMENT, LE LIEUTENANT-COLONEL CAMUS ET LE COMMANDANT FREDERIC CURIE (CHANAL) QUE FUT CONFIE LE 20 AOUT 1944 LE COMMANDEMENT DU REGIMENT DE SAPEURS-POMPIERS DE PARIS, AU NOM DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE (G.P.R.F.) PAR LE" PREFET DE LA LIBERATION NOMME PAR LE GENERAL DE GAULLE. CHARLES LUIZET. ET RECONNU CE MEME JOUR COMME FAISANT PARTIE INTEGRANTE DES FORCES FRANCAISES DE L’INTERIEUR PAR LE COLONEL DE MARGUERITTES, CHEF DES F.F.I DU DEPARTEMENT DE LA SEINE. (cf Général DE GAULLE - "Mémoires de Guerre", "l'Unité", page 565)
Photo ci-dessus : Le Lieutenant Colonel CAMUS et le Commandant CURIE lors d'une prise d'armes en 1944 dans la cour de l'Etat-Major CHAMPERRET.

Attestation du Colonel LIZE, reconnaissant le Groupement Sécurité Parisienne comme faisant partie intégrante des Forces Françaises de l'Intérieur
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le groupe sécurité parisienneDe son origine en 1942, le GROUPE « SECURITE PARISIENNE » deviendra en 1944 un GROUPEMENT MILITAIRE composé de chefs intrinsèquement responsables, au point de vue légal et moral, de l'emploi des unités placées sous leurs ordres. STRUCTURE et AUTONOME, il sera rattaché aux FORCES GOUVERNEMENTALES (cf Général DE GAULLE, ouvrage « Mémoires de Guerre, l'UNITE, page 564 ». Ses actions seront reconnues comme « ESSENTIELLES » à la RESISTANCE et à la LIBERATION de PARIS. En fonction de ces FAITS IRREFUTABLES citées ci-avant, malgré cela, sa genèse et ses actions seront par la suite, longtemps, trop longtemps injustement occultées.
Nous en CONNAISSONS les MOTIVATIONS et ses PROLONGEMENTS, ils FIGURENT dans nos archives et, AFIN de SERVIR le DEVOIR de MEMOIRE, ILS FERONT ULTERIEUREMENT L'OBJET d'UNE COMMUNICATION PARTICULIERE. |